Le e-book, le sésame des nouveaux écrivains

Faire éditer un ouvrage littéraire s’avère déjà une entreprise corsée ; la vendre est une autre paire de manche qui plonge dans l’agonie près de ¾ d’écrivains novices. A l’heure où le numérique bat son plein, se faire publier et vendre sur internet est devenu le sillage le plus emprunté des néo-écrivains…

Aurèle Simo, social media manager est l’auteur d’un livre : « Devenez un pro du blogging avec WordPress ». Son livre, il l’a écrit en 2014. Gabin Nonog, commercial, a commis un manuscrit : « The immortal man », en 2010. Max Etomen, étudiant, a rédigé des notes pour son roman « Une misère désastreuse ». Pour sa part, Gibril Tchouakwe, communicateur, s’est concentré à poser ses vers pour son recueil poétique en 2014… Tous les quatre ont un point commun : l’édition et la mise à disposition de leurs ouvrages qui semble être un chemin de croix.

Si techniquement, acheter un livre est une chose aisée quand on sait où et comment le trouver, le mettre à disposition s’avère être une paire de manche assez rigide. Le constat est clair et affligeant au Cameroun : bon nombre d’individus n’aiment plus lire. « C’est assez décevant de voir qu’en l’espace de dix ans, plusieurs de nos compatriotes sont devenus des fainéants ; les élèves abrutis et la culture a foutu le camp », s’exprime André-Marie, libraire. A qui donc la faute ? Chacun s’en fait une réponse plus ou moins élaborée. Pour certains, c’est la faute à la télévision ; pour d’autres, c’est internet le fauteur ; d’autres encore préfèrent accuser « la fin des temps ». Le problème quant à lui pèse double. Les éditeurs de livre et surtout les vendeurs confrontés à cette réalité se voient désormais battre en brèche par l’avancée numérique. C’est un fait irréfutable. Les écrivains novices préfèrent se tourner vers la pente la plus facile.

Raisons personnelles et conditions coercitives

Le e-books sont de plus en plus de mise et les auteurs, désormais libres de publication grâce aux nouvelles technologies, se voient grés de contourner certains mesures contraignantes qui leur sont imposés pour l’édition de leurs ouvrages. Gabin déclare : « le but de l’édition de ma nouvelle était de vendre mais j’ai été heurté à des exigences de maisons d’édition. Les coûts requis pour se faire éditer voguaient de 2500 € à 20000€. C’était hors de ma portée ». Gibril et Max, quant à eux, reconnaissent ne pas trop penser à la question. « Quand je serai prêt, je verra bien comment m’y prendre », déclare Max.

Du côté des éditeurs, c’est un peu plus complexe. Une source auprès d’une maison d’édition fait comprendre qu’en marge de certains blocus financiers forts justifiés, les auteurs de certains manuscrits ne mesurent pas toujours l’importance du travail d’édition. D’après cette même source, les prétendants aux éditions ne tiennent pas toujours compte du type d’ouvrage édité par une maison spécialisée ou ne respectent pas certaines règles usuelles d’envoi ; lesquels les recalent assez souvent. Quitte à être recalé(e) chacun préfère se lancer dans la débrouillardise voire dans l’anarchie productive.

Internet : la solution

La plupart, parce que sans ressources ou sans repère, ont trouvé une nouvelle approche grâce aux ressources du web. Juste avec mon ordinateur et une imprimante, des jeunes auteurs conçoivent et impriment eux-mêmes leurs livres. Les plus ingénieux, réussissent à mettre leurs livres en ligne. Gabin pour sa part a opté pour un blog. « C’était la seule manière. Je l’y propose partie après partie, afin de ne pas livrer tout l’ouvrage de peur de le voir pirater », confie-t-il. Aurèle également l’a fait, mais avec plus de technicité. Une conversion en ficher PDF et un mise à disposition sur des sites spécialisés comme E-bay. Il en explique les raisons en ces termes : « beaucoup de blogueurs [camerounais] ont des contenus riches et possèdent des blogs hébergés sous WordPress sans vraiment maitriser le CMS. J’ai pensé leur apporter mon aide sur un plan technique ; c’est pour cela que je ne l’ai pas édité ».

En clair, si des particuliers sont devenus indépendants dans le processus d’édition, d’autres auteurs de livre ont jugé bon d’exploiter les deux voies. Mais est-ce pour autant que l’engouement se fait sentir ? La réponse est assez mitigée. Gabin déclare : « je n’ai pas gagné parlant d’argent, mais côté visibilité, je sais que plusieurs m’ont fait des retours positifs ». Aurèle a quant à lui décidé de proposer en téléchargement gratuit son e-book. Max pour sa part, préfère ne pas encore y penser. Ainsi, si pour certains, internet, notamment avec l’introduction des livres numériques (donc écologiques) est perçu comme un frein à l’épanouissement du support physique, bon nombre de qualiticiens trouvent qu’internet est l’avenir. Il faut donc s’y fier.

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Gaspard Frère

Web editor & Blogger |Web, Social Media & Tech fan |Art lover & Drawer |Novelist & Scenarist |Photographer

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