Transports : les sept "crimes" récurrents des auto-écoles

Après la mise en garde du ministre des Transports quant à la conformité des auto-écoles exerçant au Cameroun, des services de contrôle sont passés sur le terrain pour la phase de contrôle. Entre entité légale et clandestine, dissociation sera faite. A cet effet, c’est aussi l’occasion de découvrir les 7 péchés capitaux les plus récurrents de ces auto-écoles.

Les formations à succès garanti

C’est la première faille de ces certaines structures qui proposent non seulement une formation en conduite mais aussi le succès garanti avant échéance. C’est un hameçon auquel mordent ¾ de candidat désireux d’apprendre à conduire. Rencontré dans la rue Tchangoue Lebeau laisse comprendre que : « dans l’auto-école où j’avais commencé à me faire former, on m’avait promis que j’aurai directement le permis de conduire C, mais pendant l’examen, c’est la magie que j’ai vu : on m’a demandé d’ajouter de l’argent ». D’après plusieurs sources, un fait est avéré : plusieurs personnes sont victimes de racket lors des examens ; lequel sanctionne leur succès.

Déficit d’équipement et de documentations appropriées

L’une des plus grandes failles de certaines structures de formation, ce sont les véhicules ; élément moteur et pièce maîtresse d’une formation. D’aucunes en manquent ou n’en ont carrément pas. L’auto-école le Bourgeois située au quartier Dakar est paradoxalement le contraire de son enseigne. « Il n’y a qu’une voiture là-bas ! Une seule pour plus de 20 apprenants ! Comment est-ce possible ? Les voitures ne coûtent plus chers de nos jours et même sur internet, http://www.carmudi.cm propose de petites starlets à petits prix ! Qu’ils n’exagèrent pas », s’emporte Stéphane Bengono, victime. D’après lui, même la documentation y ferait défaut. Il ajoute : « c’est sur Google qu’ils partent chercher les documents qu’ils impriment et nous vendent comme si le faire,  nous dépassait ! »

Le phénomène de confusion

Des auto-écoles peu connues et soucieuses de se faire connaitre, sont passées maitre dans l’art de la confusion et de la fusion désorganisée. Copiage de charte graphique, des couleurs, nominale et même des signatures. Bien que n’étant proprement pas illégal, cette méthode a ouvert la voie à des pratiques malveillantes. Sur le site de http://www.carmudi.cg tout comme chez des concessionnaires représentés, au vu des voitures disposées, la stratégie y est différente. Plusieurs écoles se font des passations de voitures pour assurer les cours pratiques au grand dam des apprenants. Tchangoue révèle : « Il fallait qu’ils aillent toujours chercher une vieille camionnette chez Auto-école du Grand Nord (à New-Bell, ndlr) pour venir nous faire la pratique. »

Les responsables fantômes

Celui-ci est souvent la résultante du précédent point. Lorsqu’une auto-école est en situation délictuelle ou illégale, l’on trouvera très rarement son promoteur ou le responsable. Ces derniers sont presqu’indéfiniment « en déplacement » ou « hors du pays ». C’est un fait ! « Quand on veut voir le voir, c’est comme ça qu’on me répond », révèle Stéphane.

Les locaux comparables à une boîte de conserve

Le comparatif peut être exagéré, mais la réalité ne change point. Souvent situées dans des zones enclavées ou dans des domiciles privés, des structures ne disposent pas d’espaces prompts à accueillir une masse conséquente d’apprenant comme si elles se jugeaient elles-mêmes inaptes à combler leurs salles.  Une visite à l’auto-école Conduite pour Tous située à Bonabéri permet de constater que c’est  dans une surface de 12 m² que moniteurs, documents et apprenants se retrouvent avec seulement 6 chaises ; un tableau ; une armoire et un ventilateur.

La métamorphose automatique

Au moindre appel à l’ordre, à la moindre sonnette, à tout contrôle inopiné ou de passage d’agents d’impôts, les auto-écoles floues savent se transformer en cyber-café, en secrétariat, en cabinet d’audit ou mieux en domicile privé. Tel est le cas de la structure Conduite pour Tous où à la seule approche du reporter, l’on s’est instantanément transformé en domicile privé. Rien qu’ainsi, l’on se retrouve face à un comportement frisant l’illégalité. Sans plus.

La fuite des « cerveaux »

Cette fuite, non pas en direction de l’occident, mais plutôt d’autres structures du même secteur d’activité ou vers d’autres secteurs est justifié par un cas récurrent : le manque de salaire ; de confort ou simplement un ras-le-bol d’une situation déplaisante. Roméo Fotso, ancien moniteur de l’auto-école le Pilote évoque : « A cause de l’illégalité de la structure et des mauvaises conditions de travail, j’ai fini par me lasser et j’ai quitté cette organisation ».

Ainsi cité, l’on réalise aisément que le ministère, en agissant d’une main dure, cherche à dissocier l’ivraie de la bonne graine. Tout simplement.

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Gaspard Frère

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