La e-vente : la nouvelle mine d’or des africains

Au 21e siècle, le numérique est devenue la solution parfaite pour tout usager de savoir rentabiliser. Passé le cap de l’achat en ligne, c’est désormais la vente en ligne qui est devenue le nouvel apanage des « e-citizens » d’Afrique. Entre vraies affaires, commerces improvisés, bradages multiformes, l’Afrique est passée maître dans l’art de vendre du “tout” et du “rien”. Découverte d’un univers en pleine expansion encore méconnu…

« Avant je jetais tout ce que je n’utilisais plus […] parce qu’il arrive bien souvent un temps où quand on commence à être encombré par un bien et qu’on ne sait quoi en faire, le mieux c’est de s’en débarrasser », tels sont les propos de Julius Ngahane, instituteur à la retraite. « Mes vieux appareils, je les vendais à des brocantes ou à des voisins à 10 fois moins de leurs prix d’origine et honnêtement, ça ne m’arrangeait pas », relate Signe Vighore, quinquagénaire.

Ces témoignages forts significatifs font état d’une situation qui existait encore naguère dans la plupart des pays du continent. Sur les étals de vieilles brocantes de Kinshasa, de Nouakchott ou de Douala, le constat est le même : de très vieux magnétoscopes ; des magnétophones ; des platines tourne-disques ; des téléviseurs à tube cathodique… ce sont là des appareils rescapés des années 70-90 qui cherchent désespérément repreneurs à une ère où les nouvelles technologies ont changé les conventions et redéfinies les règles sociales. Amos Momasso est vendeur dans une brocante. Pour lui, ces marchandises ont autant de valeur qu’à l’époque de leur création et internet lui donne de la conviction. « Il y a toujours des gens qui veulent et qui vont acheter. Le problème c’est qu’ils ne savent pas toujours où trouver des gens comme moi. Mais moi, je sais que je peux les trouver sur internet […] Avec internet, on trouve n’importe qui », affirme-t-il, résolu.

Amos n’est pas seul à le croire. Avec le déferlement des réseaux sociaux et des moteurs de recherches, trouver une personne ou un article est devenu très simple. Si le processus de vente de produits a acquis sa notoriété en occident ou en Asie, en Afrique, il n’est non plus à la traîne. Inversement, les acheteurs ont compris que le processus était possible. Kalile Atangana, web marketing planner & developper explique que : « la croissance économique favorise aussi l’innovation digitale, par conséquent, une entreprise qui exerce sur une aire géographique donnée peut le faire sur internet. Si ça lui est possible alors, même la personne physique jouit des mêmes avantages. »

En effet, acheteurs se transformant pratiquement tous en vendeurs ont trouvé de nouveaux canaux de vente de leurs vieux articles : des sites spécialisés tels que http://www.kaymu.cm ; des blogs tels que BoomUser ; par alertes mail ; via des SMS viraux ou publicitaires… Ekinde Stanley, commerçant nigérian spécialisé dans la revente de vieux costumes déclare : « c’est devenu beaucoup plus facile. Avec un smartphone il me suffit juste de filmer le vêtement, de le mettre sur internet et d’attendre l’appel des clients. » Pourtant Stanley qui a lui-même été réfractaire à l’outil web quelques années auparavant, semble avoir trouvé son “réseau”. « J’ai été découragé à mes débuts parce qu’on me disait que mes articles étaient d’une époque très ancienne et qu’ils n’avaient plus de valeur, or c’est faux ! Sur internet, ça se vend plutôt mieux qu’au marché principal de Kaduna. »

Au Cameroun, c’est sur le site http://www.kaymu.cm (qui est de plus une marketplace) que ce phénomène s’illustre. Tous les individus issus de tous milieux y deviennent vendeurs. Objets de luxe, appareils électroniques ou électroménagers, mobiliers voire denrées alimentaires, y sont proposés. « Plus les gens apprendront qu’il est possible de vendre sur le web, moins ils jetteront leurs biens qu’ils n’utilisent plus […] car ils serviront à d’autres personnes », commente Yannick Pousseu, marketing manager de Kaymu.cm. Vendre sur internet est devenu « le » filon par excellence des africains. Presque tout le monde s’y adonne. Cependant, Yannick Pousseu a parfaitement tenu à préciser que des produits illicites et illégaux (drogues, armes, objets issus de trafics ou interdits pas la loi) n’y étaient pas acceptés.

Avec un taux de rebondissement de 55,12 % sur ce site, il s’en dire que le web est une mine d’or. Dans des pays tels que le Maroc où le taux de pénétration d’internet était de 42 % ou le Nigeria de 30 % (2009), il est évident que la vente online ait connu un boom exponentiel et que ce type de pratique connaîtra une envolée encore plus exponentielle.

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Gaspard Frère

Web editor & Blogger |Web, Social Media & Tech fan |Art lover & Drawer |Novelist & Scenarist |Photographer

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