La crise du logement accentue l’intérêt du numérique

A cause de la rareté des logements dans les centres urbains et de la malhonnêteté des certains bailleurs, lesquels ont accentué la crise de logement en Afrique, l’on se tourne résolument vers les nouvelles solutions alternatives.

Moloma Alema, 52 ans vit dans un studio de 12 m² avec sa femme et ses quatre enfants au centre-ville pour 100 € par mois. Mbogwo Ingram, 38 ans, a préféré vivre avec sa fiancée et leur deux filles dans une maison d’environ 60 m² située en zone périphérique. Pour 85 € de location mensuelle, il bénéficie d’un espace comprenant un séjour, deux chambres, une cuisine et une salle de bain. Il doit cependant parcourir 19 kilomètres chaque jour pour vaquer à son travail situé en ville. L’équivalent de la somme que Moloma verse au loyer, Mbogwo l’écoule dans son transport. Aucune de ces situations ne convient aux hommes qui pourtant résident dans la capitale économique camerounaise.

L’exemple est idempotent dans les grandes métropoles africaines. Que ce soit au Nigéria, au Gabon – où le loyer flambe les plafonds au point d’atteindre 385 € mensuel -, au Tchad, au Congo, la situation est devenue si endiguée que la plupart des personnes actives en zone urbaine se résignent. Andar Pouoh Clerson, consultant en Aménagement Urbain d’origine anglo-béninoise, laisse comprendre : « j’ai régulièrement voyagé dans des pays d’Afrique tel que le Maroc, l’Angola, le Nigéria, au Cameroun, le Bénin… ce type de situation est de plus en plus préexistante en raison de l’ascendance démographique recensées dans les grandes villes. » La recherche du travail ; les études ; la fuite des conditions difficiles ou de la sorcellerie dans les zones rurales ; les grands flux d’échanges commerciaux ; l’implantation incessante d’édifices et la construction d’infrastructures sont les raisons qui créer une hausse de la population dans les grandes villes et par conséquent une rareté des zones habitables. Andar Pouoh Clerson déclare : « il est compréhensible de par cette réalité que les maisons deviennent rares. Quand elles sont disponibles, elles deviennent très coûteuses pour le travailleur moyen ». Dès lors la situation devient difficile à gérer quand l’on sait que le pouvoir d’achat est minimal dans la plupart des pays du continent. D’après les données du FMI (en 2013), le PIB du Cameroun est de 62,9 ; Côte d’Ivoire est de 65,2 ; Namibie est de 22,2 ; au Togo 9,5 ou encore la Guinée-Bissau qui est 2,4. Avec un seuil de pauvreté accru l’option logement est à mettre aux oubliettes.

Le numérique et le retour aux racines : des solutions efficaces ?

La réalité est évidente. Les solutions alternatives existent mais ne sont pas toujours aux goûts de tous. Co-location, retour à la case départ (village), location de « kito » (espace de moins de 2 m²), hébergement fraternel… sont des mesures souvent définitivement provisoire que des travailleurs choisissent. Gbauo Seoul, togolais travaillant au Gabon, évoque : « avec un salaire net de 230 €, je survis seulement […] Mon loyer seul me coûte 130 € et quand je squatte chez un copain, il finit toujours soit par me taxer, soit par me congédier ». Selon Andar Pouoh Clerson les solutions plus modernes existent et c’est le numérique qui s’avère être plus sûr. « Avec internet, il y a des mesures plus pratiques et moins coûteuses […] Si la plupart des gens l’ignorent, c’est parce qu’à 90 %; ils n’ont pas du tout la bonne information. » En effet, avec des sites tels que http://www.lamudi.cm, filiale d’Africa Internet Group, il est évident de trouver son loyer en fonction de la ville où l’on réside. Mireille Djuikam, Key Account Manager de lamudi.cm corrobore les dires de Pouoh Clerson lorsqu’elle déclare : « il y a toujours de l’espace sur nos plateformes. C’est juste que les gens se sont tellement fait rouler ou abuser qu’ils ont peur de se faire accompagner […] ».

Même pour le cas du Nigéria, premier pays africain occupant le 20e rang au classement du FMI (en 2013) pour un PIB de 972,6, l’exception n’est pas de mise. Solomon Unokwe, commerçant nigérian effectuant des transactions entre le Cameroun et son pays depuis 2001, ce n’est point le paradis. « Même dans mon pays, j’en connais qui ont dû quitter leur travail pour retourner vivre au village, simplement parce que trouver où loger convenablement était devenu impossible pour eux. » A son instar, ils sont nombreux à avoir privilégié l’option “internet” au Cameroun. D’après leur propre expérience, le site http://www.lamudi.cm qui y existe depuis moins d’un an, les arrange. « Il n’est pas facile de traiter avec un bailleur camerounais car chaque année, le loyer augmente et comme la plupart des commerçants nigérians sont plutôt argentés, ils abusent. Sur internet, la liaison est directe avec le propriétaire du bien immobilier […] », confirme Solomon.

Les crises de logement sont un sujet qui préoccupe tous les gouvernements. Trouver des solutions et des mesures de recasement efficaces et pérennes, demande beaucoup de temps et d’investissement. Aussi, internet semble devenir la solution appropriée à ces problèmes. En attendant une implémentation à longue échelle de cette solution, l’on broie toujours du noir dans des espaces d’inconfort.

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Gaspard Frère

Web editor & Blogger |Web, Social Media & Tech fan |Art lover & Drawer |Novelist & Scenarist |Photographer

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